Affichage des articles dont le libellé est 7. Re-Iran. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 7. Re-Iran. Afficher tous les articles

vendredi 7 mars 2008

Tabriz des rencontres etonnantes

Dans la rue, nous faisons la connaissance de Amit, qui très rapidement nous invite a dinner dans la petite piaule qu'il partage avec son ami Mehti. En l'espace d'une minute, nous retrouvons avec bonheur l'hospitalité iranienne. Les deux amis nous préparent un festin : omelette au thon, dates fraiches, olives, oranges sanguines, bananes, grenades, pommes, kiwis, jus de fruits... Soudain, nos hotes nous demandent si nous voulons boire du vin. Surpris, intrigués, nous répondons que oui, et les voila qui nous sortent une bouteille au liquide transparent. Sur l'etiquette : Ethanol. Alors voila a quoi sont réduits les gens dans un pays ou la consommation d'alcool est interdite : acheter le seul alcool fabriqué officielement dans le pays pour des usages medicaux : de l'éthanol.
Mélangé avec du soda au citron et du ju de fruit, ça passe. C'est fort, mais ça passe. Les joues rosissent, les voix s'echauffent, les mains se serrent, nous nous promettons de remettre ca le lendemain.
Deux soirées inoubliables a Tabriz...

jeudi 6 mars 2008

Tabriz - Kadovan

Mercredi, 6h00 du mat, nous découvrons Tabriz. La ville est froide, les gens sont froids, le noir est partout. Seules quelques aventurières osent la couleur ou le maquillage. Mais ou sommes-nous ? Je me sens perdue, peut-être même plus qu'en Inde. Pourquoi ces femmes ressemblent-elles a des fantômes ? Et cette neige ? Et ce froid ? Ici on parle turc-azeri : azeri (azerbaidjan), turcs, arméniens et kurdes forment l'essentiel de la population tabrizi. C'est ici que Nicolas Bouvier (L'Usage du Monde) est reste bloque six mois durant l'hiver 53. Je me replonge dans son écriture et découvre la ville sous un autre visage. Un vent glacial nous pousse a passer le reste de la matinée dans notre petite chambre chauffée. Nous partons ensuite a la découverte du bazar, un des plus vieux du pays : étalages de fruits secs, tissus, chapeaux tabrizi, bijoux, vendeurs de tapis persans... Nous nous perdons dans les allées, on nous invite a boire un thé...
Jeudi. Nous partons en excursion, avec Remi et Marco (2 étudiants lyonnais a Teheran pour un an), a Kadovan, petit village troglodyte encore habite. Montagnes enneigées, désert de cailloux, maisons troglodytes, gros chiens, jeunes bergers. Des vies rudes, des visages marques, des sourires timides des gosses un peu sauvages. Nous déambulons 2 heures durant dans les petits chemins verglacés et boueux au milieu de ces "maisons-cavernes", hors du temps.

mardi 4 mars 2008

Au revoir India

C'est etrange de se lever ce matin en ce disant que c'est notre dernier jour en Inde. Nous dejeunons en silence dans la "dinning room" de la "Salvation Army". Cette grande piece froide et impersonnelle aux murs de laquelle tronent des portrait du Christ. La TV tourne a fond, encore des videos-clips criiards. Le cuisto fait la gueule, comme tous les jours. Dans nos assiettes : trois tranches de pains de mie, un oeuf cuit dur et une banane.

Neuf heures. Les sacs sont prets ; au revoir Monica, au revoir "Salvation", au revoir Bombay... Un taxi nous pousse jusqu'a Churchgate ou nous sautons dans un train pour Andheri, puis dans un rickshaw jusqu'a l'aeroport internationnal. Il est 10h40, notre avion decolle a 13h30.
Dans l'avion. Nous sommes les seuls "touristes etrangers". Les femmes, qui avaient encore les cheveux libres dans la salle d'embarquement, se couvrent la tete une fois a bord, pourtant nous sommes encore sur le sol indien, la pression doit etre trop forte... Je me couvre egalement les cheveux. L'avion decolle, on nous apporte nos plateaux repas, puis on s'endorre, berces par les bruit des reacteurs.

L'Inde defile dans ma tete comme si je l'avais reve. Etait-ce vraiment reel ? Cette folie, ces couleurs, ces odeurs, ces vaches sacrees, ces mendiants deformes, ces stars bollywoodiennes, ces bidonvilles interminables, ces Shiva, ces Vishnu, ces Ganesh... ? Quel monde etrange ! Et pourtant, je m'y sentais bien...
Que garder de tout cela ? Je pense qu'il nous faudra du temps pour digerer pour assimiler, pour comprendre (ou admettre que l'on n'a pas compris) pour integrer cette Inde. Cette Inde aux multiples visages, aux multiples facettes, cette Inde mystique, religieuse, supersticieuse, mais aussi cette Inde de son temps, qui avance, cette Inde economique et travailleuse, cette Inde riche avec ses chefs d'entreprises, ces maharajha et ces stars de cinema, et cette Inde misereuse entassee sur les trottoirs. Tellement de contrastes... Tellement d'incomprehension, de manque de reperes...
Nous sommes passes d'une Inde que l'on haissait durant le premier mois, parce que nous ne la comprenions pas, a une Inde que l'on a appris a regarder differemment.
Peut-etre avons nous reussi a nous detacher de notre regard d'occidentaux ?

On ne peut pas resumer un pays, une culture. L'Inde ce n'est pas seulement des vaches sacrees, des Dieux a 6 bras, des castes, des buchers de cremation, des batons d'encens, de la nourriture epicee, des rickshaws, des mendiants, de la misere, des saris colores, des turbans, des chiens errants...
C'est surtout un autre systeme de pensee, d'autres croyances, une autre vision de l'Homme dans l'univers, une autre vision de l'Homme au milieu de ses paires, une autre vision de la femme, de l'enfant, de la naissance, de la mort. Les tabous ne sont pas les memes, le sacre est different, le bien et le mal n'ont pas les memes definitions qu'en occident.
Alors comment "comprendre" cette culture lorsqu'on est ne et que l'on a grandit en France ?

Nuages. L'avion tressaute, nous atterrissons. Aeroport internationnal de Teheran. On change 100 Dollars contre 900000 Rials et on saute dans un taxi pour la gare routiere.
Gare routiere. Le choc est violent, les saris multicolors ont cede la place aux tchadors noirs. Les visages semblent austeres, les barbes ont pousse, la langue a change, ici, plus question d'anglais, tout est ecrit en farci.
20h00, notre bus demarre dans une nuit glaciale, la neige recouvre les montagnes, et nous sommes en tatanes...