Notre objectif de la
journée est de passer un premier col a plus de 3000
mètres et de redescendre un peu plus bas pour dormir au chaud. Mais comme toujours, tout ne se passe comme
prévu et
après 3 heures de marche le tendon de ma
p'tite Coco recommence a faire des siennes et nous
contraint a nous
arrêter au sommet de
Taksindu a 3200 m.
Taksindu-TragdobukAprès une nuit glaciale, dans une maison glaciale, nous sautons dans nos chaussures, qui ne le sont pas moins, a 6h30, pour aller boire un
écoeurant nuntia au beurre rance, puis reprenons notre chemin de croix. Aujourd'hui tout va pour le mieux, comme par magie nos corps ne nous
emm....de plus, nous
avançons a bon rythme. Nous retrouvons avec joie ces paysages que nous avons traverse un mois plus
tôt mais auxquels se sont ajoutes le froid, la neige et le givre.

Nous atteignons rapidement
Salung et
déjeunons dans une
gargote avec vue sur
l'Everest et continuons
jusqu'à Tragdobuk, au pied de notre second col a plus de 3000 m, que nous franchirons demain. Nous passons la
soirée dans une famille
Sherpa (comme de par hasard le patron est un ami de
Padam). Notre
hôte a 5 enfants et parle
très bien anglais, nous passons cette fin de
journée a discuter de choses et d'autres et nous finissons devant un
dvd de la visite du
Dalai Lama en Suisse (passionnant). La nuit est glaciale, nous grelottons sous nos petites couettes.

Tragdobuk-Kinja
Deux heures de grimpette silencieuse dans les
éboulis,
ça réveille, nous traversons une foret
d'où on s'attendrait a voir sortir des trolls de
derrière chaque souche. Arrives en pleine forme a la
Pass de
Lamjura a 3550 m, avant d'attaquer 4h30 d'une interminable descente. Un supplice pour les
épaules, le dos, les cuisses et les mollets. Les corps hurlent, les genoux se bloquent, les hanches se
déboîtent, les rotules s'effritent...

A
mi-parcours, alors que nous traversons un petit village sans
prétentions, notre regard est subitement attire vers un petit enclos ou se trouve une grosse masse noire. Nous approchons intrigues pour
découvrir, oh surprise, un
bébé yak!!! Nous sommes aux anges, enfin
surtout Coco, bon ce n'est qu'un
bébé, mais bon, elle a vu son yak.

Notre calvaire
s'arrête a
Kinja par un bon
dalh bat et des patates au fromage de yak.
Kinja-SibalayaNous quittons
Kinja a 7h30 avant d'attaquer trois longues heures de grimpettes le long d'un flanc de montagne qui domine la
vallée. Un petit berger de 8 ans a peine regroupe ses
chèvres avec son
bâton, une gamine de 6 ans s'occupe d'un
bébé qui doit
être son petit
frère, un groupe de bout de choux joue avec des
épis de mais au coin du feu... Ces montagnes ne sont-elles
peuplées que d'enfants ? Non, voila un
grand-pere au visage douloureux, portant une charge bien trop lourde pour ses jambes
arquées qui descend vers
Kinja ou peut
être plus loin. D'autres porteurs suivent, dont les
dokos atteignent parfois les 100 kilos. Nous arrivons a
Sibalaya a 15h, nous ne sommes plus qu'a 3 h de
Jiri. Que faire ? Continuer ou dormir ici ? Cruel
dilemme. Finalement, aux vue de l'heure et de notre
état de fatigue nous
décidons de passer la nuit ici.
Sibalaya-JiriRéveil douloureux, Coco est malade nous ne pouvons pas partir maintenant. Nous attendons midi avant d'attaquer les derniers
kilomètres qui nous
séparent de
Jiri. Il est 17h nous retrouvons la civilisation, ses voitures, sa pollution, ses gens qui
courent partout sans savoir pourquoi. C'est dur, on a un peu l'impression d'avoir pris cinq
siècles en pleine figure. Passer de
l'araire a la voiture en cinq jours c'est violent. Mais le pire est a venir, demain nous serons a
Kathmandu.
Jiri-Kathmandu
Nous grimpons dans le bus a 6h en direction de la capitale dans un bus "super express".
Après 3h de route le bus stop a
l'entrée d'un petit village. Devant nous de nombreux bus sont
déjà arrêtes.

Le chauffeur nous explique que la route est
bloquée et qu'elle ne devrait pas rouvrir avant 13h. Soit, nous attendons, nous n'arrivons pas vraiment a comprendre ce qu'il se passe, a priori le
problème viendrait d'une ou des compagnies de bus qui pour des raisons qui nous sont obscures bloquent la route. Nous contemplons tous ces gens qui sont attroupes au centre du village.
Ça discute,
ça hausse le ton,
ça fait des gestes dans tous les sens, mais rien ne se passe. Nous observons cette
scène d'un regard amuse et curieux dans un premier temps, puis avec un peu de lassitude car il est presque 15h maintenant et nous ne voyons encore aucune issue a notre
problème. Les esprits
s'échauffent pendant quelques instants nous craignons le pire, nous venons de voir passer un bus sur le toit duquel de nombreux jeunes habilles de rouge (certainement des
maoïstes) scandaient des
slogans de
façon assez
agressive. Suite a
ça un nouvel attroupement se
crée,
ça parle dur, des soldats,
présents depuis le
début mais ne faisant pas grand chose, sont au centre de la
discussion.

Puis comme par enchantement d'un coup, tout le monde ce disperse, les moteurs
vrombissent c'est reparti. Et comme hasard les
samosas manges pendant cette pause restent sur
l'estomac et je passe le reste du trajet la
tête par la
fenêtre, ce qui fait beaucoup rire les autres passagers. Voila, il est 20h nous sommes a
Kathmandu, ses immeubles, ses
publicités de plusieurs
mètres de haut, ces
lumières, son trafic, quel bonheur!!!